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Digitalisation. La Suisse, un marché en devenir

L’indispensable transformation numérique des entreprises suisses est enclenchée. Elle laisse toutefois encore de belles opportunités aux spécialistes de la digitalisation qui peuvent apporter des solutions nouvelles notamment dans les process industriels et la protection des données. A condition de faire preuve de patience et de persuasion : comme ailleurs en Europe, toutes les entreprises n’ont pas forcément un degré de sensibilité élevé au digital et la prudence est une caractéristique souvent partagée.

Digitalisation. La Suisse, un marché en devenir

Il y a, en Suisse, une forme de paradoxe sur la question du digital : si les infrastructures sont réputées pour être parmi les plus performantes au monde (haut débit, fibre…), les usages que les Suisses en font restent très prudents. Ce qui est vrai pour les particuliers, qui préfèrent par exemple encore payer sur facture à la livraison de leur commande plutôt qu’en ligne, l’est aussi pour les entreprises, qui se penchent sur leur transformation numérique pas à pas. « Il y a une forme d’opposition entre la culture helvétique et la culture numérique », témoigne Aline Isoz, consultante en transformation digitale en Suisse Romande, « mais avec de la patience et une approche très concrète des problématiques des entrepreneurs, on arrive à les sensibiliser ». La digitalisation des métiers et process, le marketing digital, l’expérience client et utilisateur, le traitement des données, le modèle d’affaires (nouveaux modèles économiques) et le modèle organisationnel sont ainsi, selon elle, les clés d’entrée dans les entreprises. « Ce discours peut être reçu de façon très variable selon la taille des entreprises, mais les dirigeants comprennent rapidement que le digital touche à tout et que sa mise en œuvre doit se faire au service de la stratégie de l’entreprise », poursuit-elle. Avec un effet domino sur l’ensemble de leurs services et process.

Sécurité des données et efficience industrielle

Actuellement, les attentes les plus fortes sur le marché suisse de la transformation numérique se situent sur deux terrains bien particuliers. Le premier est celui de la sécurité des données, pour laquelle les entreprises de tous secteurs sont en attente de solutions renforçant la confidentialité dans le stockage et le traitement des informations. Une préoccupation qui trouve son pendant dans la démarche d’innovation très active et sa culture des brevets et de la protection qu’ils apportent.

Outre la sécurité et la protection des données, les professionnels de la digitalisation des entreprises sont également attendus sur le terrain de l’efficience des process industriels. « Nous sommes pragmatiques », rappelle Aline Isoz, « nous savons qu’il y a, en Suisse, des coûts de main d’œuvre plus élevés qu’ailleurs. Nous devons donc trouver des leviers pour baisser les coûts de production ou gagner en productivité ». Dans ce contexte, pour maintenir l’excellence de l’industrie helvétique et lui permettre de défendre sa compétitivité, les entreprises sont à la recherche d’outils susceptibles d’optimiser leurs process industriels, pour certains susceptibles d’être apportés par les nouvelles technologies et le numérique.

Des décisions mûrement réfléchies

Le potentiel est réel pour les entreprises des nouvelles technologies qui ont des produits et solutions à forte valeur ajoutée. Elles doivent toutefois ne pas négliger la dimension culturelle dans l’approche du marché suisse. Car si la Confédération helvétique et ses entreprises sont confrontées aux mêmes enjeux qu’ailleurs en Europe, le maître-mot reste la temporisation des projets : pas d’urgence ni de précipitation dans les décisions, celles-ci étant systématiquement mûries avec attention. Autre impératif avant de partir à la conquête du marché suisse : vérifier que l’on est capable de ‘naviguer’ dans un contexte fédéral où les aspects juridiques et fiscaux peuvent varier d’un canton à l’autre. Il en va de même pour les initiatives publiques, privées ou mixtes qui se sont multipliées dans les différents cantons de Zürich à Genève, en passant par Bâle et Lausanne, parmi lesquelles Digital Switzerland ou la Health Valley, dans le canton de Vaud, soutenue par l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL). Elles témoignent du mouvement de fond qui est en train de se mettre en place en Suisse. Un mouvement auquel les entreprises françaises à forte valeur ajoutée et culturellement compatibles avec la Suisse peuvent assurément participer. « La Suisse s’ouvre », conclut Aline Isoz, « car elle ne peut rester isolée au cœur d’une Europe numérique avec laquelle il y a beaucoup de convergences ».

Vos contacts en France

Regroupés au sein du Swiss Business Hub, les experts du marché suisse installés à Paris peuvent accompagner les entreprises françaises qui souhaitent gagner des marchés ou s’implanter en Suisse.

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