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Ricolab: pourquoi un laboratoire de l'innovation pour une PME?

Avec les nouvelles technologies et les nouvelles tendances de consommation, tenir le rythme de la révolution numérique est un vrai défi pour beaucoup de PME. Ricolab – filiale de Ricola – nous montre comment elle s'y prend. Elle fait partie des précurseurs. Sa recette: innover de façon radicale!

Ricolab: pourquoi un laboratoire de l'innovation pour une PME?

Eva Richterich, vous dirigez le Ricolab, la nouvelle filiale de la fameuse PME Ricola SA, et évoquerez votre activité à l'occasion du Forum du commerce extérieur en mai prochain. Le Ricolab, qui est entièrement indépendant de la maison-mère, planche sur les innovations radicales.

Quel est le but du Ricolab?

Le Ricolab est indépendant au sein du groupe Ricola. Nous testons d'autres champs d'activités, très différents des nôtres, mais qui pourraient devenir intéressants pour le groupe. Nous intégrons ces expériences dans de nouveaux modèle d'affaires et réimportons dans l'entreprise le savoir-faire acquis. Dans l'hypothèse où toutes les innovations échoueraient nous aurons tout de même créé de la valeur.

Pourquoi une PME suisse comme Ricola, qui connaît un succès mondial, a-t-elle besoin d'un laboratoire de l'innovation externe?

Pour la conduite de l'entreprise à long terme, nous voyons Ricolab comme une pièce maîtresse pour le développement et le renforcement du département innovation de Ricola. En tant que filiale indépendante, Ricolab à l'avantage de pouvoir découvrir des opportunités et risquesSi les projets internationaux offrent nombre d'opportunités, ils ne sont pas dénués de risques. Nos instruments permettent de gérer et de couvrir efficacement ces derniers. en dehors de la branche, de la marque et du modèle d'affaire – et ce avec une priorité sur les nouvelles technologies dans un horizon de temps éloigné. Dans un monde qui change de plus en plus vite, ceci est un vrai facteur de réussite à long terme.

Comment vous est venue l'idée d'un laboratoire de l'innovation?

Sous sa forme actuelle, c'est moi qui l'ai lancé et conçu en partenariat avec l'Impact Hub Zürich et avec l'aide et le coaching de notre CEO Felix Richterich. Aujourd'hui, le Ricolab a sa propre équipe et se développe en continu. Raphael Richterich, CMO de Ricola et membre du conseil d'administration de Ricolab, a développé conjointement avec moi l'interface avec la maison-mère.

Quelle stratégie suivez-vous lorsqu'il est question de trouver de nouvelles idées et modèles d'affaires?

Sur le plan de la méthode nous travaillons selon l'approche "lean startup". Cela signifie grosso modo que nous développons une activité commerciale la plus proche possible du marché selon une boucle d'apprentissage "build-test-learn" rapide et peu coûteuse. Sur le plan des thématiques abordées nous travaillons sur les nouvelles technologies en lien avec les valeurs chères à Ricola. Pour le moment, nous planchons sur les possibilités qui s'offrent à nous lorsque l'on combine savoir-faire ancestral sur les plantes et nouvelles technologies.

Nous ne travaillons que sur les activités allant dans le sens des objectifs globaux de développement durable des Nations Unies. En affaires, on ne peut réussir que sur une planète à peu près saine, durabilité et business vont donc de pair et nous voulons laisser notre marque.

Que conseillez-vous aux PME qui voudraient mettre en place un modèle innovant tout en préservant leur compétitivité?

Elles devraient se lancer. Non seulement le monde numérique crée de nouvelles technologies mais il modifie aussi les logiques économiques. Le monde digital se déroule à une autre échelle, crée de nouvelles sources de recettes et de coûts, appelle de nouvelles formes de relation client et canaux et a besoin de nouvelles compétences. Voyez Spotify, Facebook, Uber, Airbnb ou Amazon: ces récentes "disruptions" sont basées non pas sur de meilleurs produits mais sur des modèles économiques entièrement neufs.

En matière de modèles d'affaires, l'innovation est inconfortable puisque par définition elle pousse à remettre en question les acquis. Il faut du courage. L'innovation est une question stratégique et doit bénéficier de l'appui du management. On évitera ainsi déconvenues et frustration. Il faut aussi mettre sur pied une équipe dédiée. Tester de nouveaux modèles n'est pas à la portée de n'importe quel employé. On a besoin d'intrapreneurs et d'entrepreneurs. On a besoin de personnes très motivées, ambitieuses et poussées par le désir de créer du neuf. Elles expriment sans retenue les structures et les moyens dont elles ont besoin. Il faut simplement les écouter.

Quand une PME suisse doit-elle investir dans une startup?

Aujourd'hui, presque toutes les grandes entreprises travaillent avec des startups. Les PME, me semble-t-il, sont encore très réticentes. C'est dommage, car chaque partie pourrait y gagner.
On n'a pas besoin d'être un investisseur pour travailler avec des startups. Le développement commun d'un prototype, l'utilisation de canaux de vente ou un éclaireur chez un partenaire important peuvent aider des startups tout aussi bien. En contrepartie la PME obtient un aperçu des nouveaux développements technologiques, idées et tendances, et donc la possibilité d'économiser des frais. Conclure un partenariat dans le cadre d'un programme de type "Kickstart Accellerator" est un bon moyen d'apprendre à connaître l'univers des startups, puisque cela permet aux deux parties d'obtenir un soutien pour collaborer.

Le RicoLab a démarré sa phase "bêta". S'agit-il d'un processus itératif? Pourquoi cette façon de procéder est-elle si importante pour une PME?

L'approche Lean Startup que nous avons adoptée pour nos projets d'innovation a aussi été utilisée pour l'édification proprement dite du Ricolab. Au lieu de philosopher ad aeternam, nous mettons les choses en pratique et tirons des leçons. Ceci vaut aussi bien pour les thématiques, les structures que les membres de l'équipe. Pendant la phase bêta nous avons d'abord travaillé sur les contenus et les réseaux. Nous n'avions ni identité d'entreprise, ni site web, ni équipe fixe, ni stratégie de mise en œuvre, ni concept de communication. Nous avons nommé cette phase "bêta" pour nous éviter trops d'attentes. L'avantage de cette façon de faire est que nous avançons vite, sans perte de tempo. Il s'agira aussi d'intégrer une culture de l'erreur. Nous avons maintenant bouclé la phase bêta, mais nous voulons garder cette façon d'apprendre pour l'avenir.

Quel grand sujet occupera le Ricolab en 2018?

Nous ne savons pas encore. Le sujet des herbes et des nouvelles technologies nous tiendra en haleine encore longtemps, car il y a beaucoup de potentiel. Nous nous pencherons aussi sur la question du transfert et de l'échange de connaissances avec la maison-mère, sur l'évolution des technologies disruptives et sur les solutions à mettre en place dans l'entreprise pour un monde durable.

"Repenser les modèles d'affaires"

Vous trouverez de quoi méditer sur cette question dans notre dossier thématique et dans notre newsletter mensuelle.
Le Forum du commerce extérieur le 18 mai à Zurich sera aussi l'occasion de rencontrer des PME suisses intéressées à cette question, en particulier des précurseurs comme Ricolab, Elite SA(Interview) ou Burckhardt Compression (Interview) qui s'exprimeront lors d'Executive Talks. Autre événement à ne pas manquer sur les modèles d'affaires innovants, en Suisse romande le 28 septembre prochain: Exporter demain! 2017.

À propos de Ricolab

Ricolab est un laboratoire indépendant sur les questions d'avenir du groupe Ricola. Fort de l'expérience de Ricola, il explore de nouveaux champs d'activités hors marque et hors branche avec une priorité sur les nouvelles technologies et les modèles d'affaires innovants.

À propos d'Eva Richterich

Eva Richterich est co-fondatrice et CEO du Ricolab et membre du conseil d'administration de Ricola depuis 2015. Avant cela, elle a mis en place et dirigé des projets et institutions dans différents domaines. Elle a aussi été active pour des fondations et dans le monde des startups. 

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