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Comment BeOne Medicines favorise l’accès au traitement du cancer à l’échelle mondiale

4 nov. 2025

Depuis son siège européen à Bâle, en Suisse, BeOne Medicines collabore de manière stratégique avec des parties prenantes dans le monde entier pour faire progresser la recherche et le développement en oncologie. La société est présente commercialement dans 40 pays et mène ses essais cliniques dans plus de 45 pays. Sirpa Tsimal s’entretient avec Gerwin Winter et Jan-Henrik Terwey de chez BeOne Medicines au sujet de la mission globale de l’entreprise, consistant à rendre les traitements du cancer plus accessibles et plus abordables.

Décrivez brièvement ce que fait BeOne Medicines 

BeOne Medicines est une société internationale de biotechnologie qui s’est engagée à développer de nouveaux médicaments contre le cancer, plus accessibles et abordables pour un plus grand nombre de patients dans le monde. Avec plus de 10 000 collaborateurs répartis sur les cinq continents du monde, elle dispose de l’une des plus grandes équipes de recherche en oncologie du secteur, qui compte environ 1100 scientifiques. Cette équipe gère un pipeline de médicaments qui couvre 80 % des cancers dans le monde par incidence. 35 % de ses essais cliniques ont impliqué des participants européens dans différents pays du continent. 16 d’entre eux se sont avérés essentiels. Notre conviction fondamentale est que les patients méritent d’avoir accès à des médicaments de haute qualité, innovants et efficaces. Le cancer n’a pas de frontières, c’est pourquoi en tant qu’entreprise internationale, nous cherchons à faire en sorte que nos traitements soient accessibles au plus grand nombre possible de patients admissibles. Notre approche collaborative à l’égard des exigences en matière de prix et de remboursement a permis aux patients d’accéder rapidement aux médicaments, souvent même plus vite qu’en général dans ce secteur. 

Pourriez-vous nous parler de l’histoire de BeOne Medicines ? Quand l’entreprise s’est-elle implantée à Bâle ?  

BeOne Medicines  a été fondée en 2010 par un entrepreneur américain, John V. Oyler, et un éminent chercheur sino-américain, Xiaodong Wang. Leur mission était de bâtir la première entreprise mondiale de biotechnologie nouvelle génération en s’attaquant aux deux plus grands défis dans le traitement du cancer : l’accès aux médicaments et leurs prix. Ils ont conjugué leurs connaissances scientifiques, leur esprit d’entreprise et leur passion commune pour la lutte contre le cancer afin de créer une entreprise mondiale qui jouerait un rôle important dans le traitement de cette maladie. Avec plus de 40 bureaux dans le monde, les sites administratifs de la société sont Bâle, Pékin et Cambridge (Massachusetts). BeOne Medicines est implantée à Bâle depuis 2019 et a officiellement inauguré ses bureaux en 2022 pour servir de siège européen de l’entreprise.  

Pourquoi BeOne Medicines a-t-elle choisi la Suisse comme siège européen ?  

Lorsque nous avons décidé d’ouvrir notre bureau européen, nous avons dû prendre deux décisions : d’abord le choix du pays, puis le choix du canton/de l’État. La Suisse a été le candidat idéal dès le début. Elle jouit d’une excellente réputation comme l’un des centres d’affaires les plus compétitifs au monde. Elle offre des conditions politiques, sociales, économiques et financières stables. En outre, la Suisse est depuis longtemps reconnue comme le pays le plus innovant au monde, avec le meilleur accès aux talents. La présence d’instituts de recherche renommés et le travail de pionnier réalisé par des organisations telles que le Groupe Suisse de Recherche Clinique sur le Cancer (SAKK) nous montrent que la Suisse est à l’avant-garde de l’application de la science du laboratoire à la clinique. Par ailleurs, sa situation géographique au cœur de l’Europe offre à la Suisse un cadre unique pour bénéficier de synergies au niveau national et international, telles qu’une main-d’œuvre hautement qualifiée, un accès stratégique au marché européen et d’excellentes opportunités de création de réseaux. 

Nous avons choisi Bâle pour notre siège européen, car cette ville dispose d’une industrie pharmaceutique bien établie et abrite une industrie biotechnologique très forte. Chez BeOne Medicines , nous valorisons le pouvoir de la collaboration. L’existence de plus d’un millier de groupes de recherche différents à Bâle témoigne de son écosystème dynamique et collaboratif. En tant qu’entreprise qui croît rapidement, nous voulions être là où se trouve le talent. La Suisse attire les travailleurs qualifiés de l’étranger et conserve les talents qu’elle développe, et Bâle ne fait pas exception. Elle dispose d’un vivier de talents expérimentés, avec plus de trente mille personnes aux qualifications exceptionnelles.  

Quelle est votre stratégie de croissance pour la Suisse et à l’international ?  

BeOne Medicines se trouve à un point d’inflexion pour notre activité et cherchera à consolider ses fondements en 2024, qui, nous l’espérons, sera une année passionnante et marquée par les transformations. Nous sommes déjà un chef de file innovant en oncologie en hématologie et nous nous approchons rapidement de ce statut dans le domaine des tumeurs solides. Nous avons l’une des plus grandes équipes de R&D en oncologie et des pipelines extrêmement intéressants, avec plus de 50 médicaments potentiels. Le chiffre d’affaires global de l’entreprise figure déjà dans le top 10 des thérapies innovantes pour les hémopathies malignes. La Suisse fournit BRUKINSA, un inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton (BTK) et produit phare de BeOne Medicines , qui a remporté le prestigieux « Prix Galien Suisse » en 2023, à tous les principaux marchés commerciaux. TEVIMBRA le médicament de BeOne Medicines  contre les tumeurs solides, est en cours d’examen par Swissmedic. Chez BeOne Medicines, nous sommes fiers de notre capacité à attirer et à élargir nos équipes mondiales pour répondre à nos besoins en constante évolution. Nous avons plus de 10 000 collègues dans le monde. Depuis 2022, nos effectifs européens ont triplé pour atteindre 600 collaborateurs fin 2023, dont environ 250 en Suisse. 

La Suisse est synonyme d’innovation de haute qualité et de stabilité. Sa volonté d’accompagner les entreprises dans leurs activités commerciales est sans égal. En Suisse, l’industrie, le monde académique, la société civile et les autorités publiques sont tournés vers l’action et déterminés à relever ensemble les défis, tout en tirant le meilleur parti des opportunités qui se présentent. C’est un pays petit par sa taille mais puissant, porté par un solide esprit de réseau, des talents de premier plan et des liens étroits avec le reste de l’Europe et du monde.

En tant qu’innovateur de premier plan en R&D oncologique, que pensez-vous de la communauté de recherche suisse ?

 

La Suisse abrite un pôle des sciences de la vie unique au monde. Outre de grands groupes de la chimie et de la pharmacie, celui-ci comprend un réseau dense d’entreprises de medtech, biotech et nanotech. Comparée à d’autres sites internationaux de tout premier plan, l’industrie suisse des sciences de la vie présente la productivité du travail la plus élevée.

 

Il n’est donc pas surprenant que les produits chimiques et pharmaceutiques représentent plus de la moitié des principales exportations de la Suisse. La Suisse compte des institutions académiques de renommée mondiale qui développent une recherche de pointe en oncologie, notamment grâce au travail de leurs centres anticancer associés, tels que le Département d’oncologie de l’Hôpital universitaire de Zurich, le Swiss Cancer Center Basel (rattaché à l’Hôpital universitaire de Bâle), l’Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer situé à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, pour n’en citer que quelques-uns, sans ordre particulier. Ces centres de recherche — parmi d’autres — et leurs facultés jouent un rôle crucial pour faire progresser la compréhension de la biologie du cancer et développer de nouveaux traitements contre le cancer.

 

La Suisse investit de manière constante une part importante de son PIB dans la recherche et le développement, tant publics que privés. De plus, c’est un pays doté de lois robustes en matière de protection de la propriété intellectuelle, un incitatif important pour que les entreprises investissent en R&D, sans préoccupations majeures liées à la contrefaçon ou à l’atteinte aux droits.

 

 

Quelle est votre expérience de la collaboration au sein d’écosystèmes des sciences de la vie au-delà des frontières ?

 

Notre conviction fondamentale est que les patients méritent d’avoir accès à des médicaments de haute qualité, innovants et à fort impact. « Le cancer n’a pas de frontières. Nous non plus. » est notre devise. En tant qu’entreprise mondiale, nous cherchons à rendre nos thérapies accessibles au plus grand nombre possible de patients éligibles à travers le monde. Nos efforts visant à combler les écarts existants en matière d’équité en santé nécessitent une collaboration multipartite, notamment entre l’industrie, le monde académique et les pouvoirs publics. En travaillant ensemble, nous pouvons réduire les inégalités en santé et améliorer la santé et le bien-être de millions de patients dans le monde.

 

Nous soutenons les efforts de l’industrie de la santé et les politiques publiques qui font progresser la science, renforcent l’innovation médicale et contribuent à bâtir l’égalité en santé pour les patients du monde entier. Notre collaboration avec une multitude d’acteurs de la santé s’étend du tout début du processus de développement jusqu’au moment où les médicaments sont mis à disposition des patients.

 

À titre d’exemple, nous échangeons avec des communautés touchées par le cancer partout dans le monde afin de recueillir des informations et d’intégrer la voix des patients dans nos activités — des essais cliniques à la recherche sur les critères d’évaluation centrés sur le patient — mais aussi pour orienter des actions d’éducation et de sensibilisation aux maladies. Nous disposons d’un solide portefeuille d’innovations validé par des résultats cliniques, des autorisations mondiales, ainsi que des collaborations externes majeures, telles que Novartis, Bristol Myers Squibb, Seagen, Leap Therapeutics, pour n’en citer que quelques-unes parmi plus de 20 collaborations industrielles. Nos partenaires partagent notre vision centrée sur le patient et notre engagement sans faille en faveur d’une science transformationnelle.

 

 

Comment le traitement du cancer évoluera-t-il à l’avenir ?

 

À mesure que la population mondiale vieillit, le nombre de personnes diagnostiquées d’un cancer devrait augmenter. Plus de 35 millions de nouveaux cas de cancer sont prévus en 2050, soit une augmentation de 77 % par rapport aux 20 millions estimés en 2022.

 

Globalement, l’avenir du traitement du cancer impliquera probablement des thérapies combinées de plus en plus complexes et individualisées, visant à améliorer les résultats, réduire les effets secondaires et, à terme, obtenir un meilleur contrôle de la maladie à long terme. La collaboration entre chercheurs, cliniciens, entreprises pharmaceutiques et patients sera essentielle pour faire progresser ces avancées.

 

 

Cet entretien a été publié initialement dans le Swiss Biotech Report 2024.

 Swiss Biotech Report 2024

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